Description
Enfances de filles :
Elles sont 22,
Elles sont 22 femmes.
Elles sont 22 femmes écrivaines.
Elles sont 22 femmes écrivaines de langue française. Et en cette langue commune, langue maternelle pour certaines, langue marâtre pour d’autres – si l’on reprend l’expression d’Assia Djebar – c’est-à-dire autre que celle de la mère, langue choisie ou imposée par l’histoire, pas seulement leur histoire mais celle de leur pays, elles nous livrent un bref fragment de leur vie, elles reviennent sur les lieux de leur enfance. […]
Confrontées à cet exercice de mémoire parfois douloureux pour certaines, elles nous emmènent à la découverte de blessures anciennes, d’instants fragiles posés dans le tremblement du souvenir, ou bien encore dans la grâce d’un passé revisité ou même, et pourquoi pas, réinventé, liberté étant donnée à chacune. Ici, dans ces pages, chacune d’entre elles a déposé son offrande à celles et ceux qui voudront bien parcourir ce recueil…
Toutes, ensemble, elles écrivent, non pas pour se souvenir, mais pour devenir. Maïssa Bey, co-fondatrice des éditions
22 contributrices
Marie-Rose ABOMO-MAURIN, Muriel AUGRY, Safiatou BA, Anissa BELLEFQIH, Maïssa BEY, Euphrasie CALMONT, Bettina DE COSNAC, Laurence DIONIGI, Nadia ESSALMI, Fatoumata KANE, Georgia MAKHLOUF, Danielle MICHEL-CHICH, Cécile OUMHANI, Christine PAYEUX, Édith PAYEUX, Catherine PONT-HUMBERT, Michèle RAKOTOSON, Annie RICHARD, Leïla SEBBAR, Janine TEISSON, Marie-Christine VANDOORNE, Fawzia ZOUARI.
Préface de Christine Détrez
» Ce sont des petites filles qui courent, des petites filles qui sautent, qui rêvent, qui parlent, qui se taisent, mais n’en pensent pas moins, qui grandissent sous des cieux différents et dans des familles variées, certaines seules et d’autres au milieu de nuées de frères et sœurs, certaines avec l’amour de la famille et d’autres avec la peur au ventre — de prendre trop de place, de ne pas être à sa place, peur de la mère, du père, du grand-père, et ô combien chanceuses celles qui ont, à jamais fichés en leur cœur, des souvenirs doux et tendres : une main sur un visage, une voix dans une oreille, un pas dans lequel inscrire le sien, un pas qui ouvre le chemin, va, continue, trace ta route. Des petites filles certes bien différentes, mais qui ont comme un air de famille, du Sahel à l’Algérie, de la France au Cameroun, du Mali au Maroc, de la Sierra Madre au Sénégal… : elles ont été des fillettes modèles ou des garçons manqués, mais toutes un peu décalées, un peu à l’écart, comme ces silhouettes un peu brouillées sur les photos, encore là, mais déjà ailleurs. Et puis, toutes, les yeux grands ouverts pour observer, les oreilles ten-dues pour écouter : les secrets des adultes, les bruissements du monde, les folies des hommes. Des petites filles qui ont besoin — aussi — de silence, pour laisser advenir leur voix, et choisir leurs mots. » suite ici : Préface de Christine Détrez











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