Nos éditions ont 20 ans !

Nos éditions ont 20 ans ! 

Ami.e.s de Chèvre-feuille étoilée,

Vous avez, à un moment ou un autre, été proche de nos éditions. Vous y avez publié un texte, un livre, des photos de vos oeuvres, un entretien ou vous avez tout simplement soutenu notre travail. 

Cette année 2020, nos éditions et notre revue étoiles d’encre ont 20 ans. 

Nous avons sur notre site lancé un appel à textes. Vous pouviez juste dire votre ressenti et nous l’avons publié sur cette page et nous pouvons continuer à le faire… ou écrire un texte pour notre numéro Hors série, spécial 20 ans… ou envoyer une photo et beaucoup l’ont fait et nous les en remercions.

Ce numéro va sortir pour le salon des revues, Halles des Blancs manteaux à Paris le 9 octobre et nous le présenterons le dimanche 11 de 14 h à 15h.

 

Nous vous invitons à fêter avec nous nos 20 ans, suivant vos disponibilités :

Soit à Montpellier, siège de notre maison d’éditions le 31 octobre au Gazette Café (heures et modalités seront précisées rapidement sur notre site, page « événement » et sur Facebook)

Soit à Paris, pour les nombreuses auteur.e.s et ami.e.s qui vivent dans la région parisienne, aux Pianos rue Robespierre Montreuil le mardi 13 octobre à partir de 16h. Là aussi les modalités seront précisées sur site mais d’ores et déjà, vous pouvez remplir le fichier ci-dessous pour que nous ayons une estimation de nombre de personnes. 

À celles et ceux qui viendront à Montreuil, nous proposons de vous habiller selon un des thèmes de la revue (ce peut être juste un accessoire) et un jeu devinette permettra de deviner de quel numéro il s’agit. 

 

Dans les deux lieux, nous allons projeter un montage de photos qui sera réalisé par Sylvie Léonard, vous pouvez lui envoyer celles que vous avez prises et aimées dès à présent à son adresse mail écrite en CC. 

Nous allons aussi tenter de réaliser une banderole représentant les différentes années et publications, les aides sont les bienvenues….

Une mini expo est réalisable dans les deux lieux. Si vous désirez apporter une de vos œuvres, écrivez-nous afin d’organiser cela au mieux…

Les lectures et performances diverses sont les bienvenues, évidemment. 

Nous désirons surtout fêter ces 20 ans avec le plus de joie possible et donc finir en dansant… avis aux musicien.ne.s, vous ou vos ami;e.s. un chapeau passera pour aider au déplacement. 

Une participation aux repas sera demandée d’où l’importance de nous dire votre présence par mail à [email protected]

….Parlez-en autour de vous ! MERCI d’avance !

Textes

Monique Sérot-Chaïbi

Elles sont quatre, comme les éléments, comme les saisons, comme les points cardinaux, les mousquetaires ou encore les quatre cavaliers de l’Apoc… (ah non, je m’emballe, cet exemple n’est pas judicieux, désolée !) .

Elles sont donc quatre femmes énergiques et passionnées par la littérature des deux rives, quatre femmes qui ont un pied de chaque côté de la Méditerranée

Et leur projet, né en 2000, s’est donc tout naturellement axé autour de quatre idées :

– Permettre à des femmes amoureuses des lettres d’avoir un espace pour s’exprimer.

– Entrelacer des récits oraux et écrits

– Privilégier les textes en rapport avec la Méditerranée et sa mixité.

– Ouvrir l’espace de leurs revues à des expressions non figées, dépasser les frontières, libérer la langue.

« Elles » ce sont Behja, Edith, Maïssa et Marie-Noël. Les « chèvres » comme les appelle irrespectueusement, mais sans animosité, une de mes amies.

Passons sur les premiers symboles du chèvrefeuille : la chasteté et l’innocence, pour ne voir que les autres sens, ceux de la fidélité, de l’amour et de l’amitié éternels.

Quand et où ai-je donc rencontré le quatuor ? Je n’en n’ai aucun souvenir, si ce n’est que je n’ai pas dû le voir au complet dès la première fois. D’ailleurs je ne suis pas certaine de l’avoir déjà vu dans son ensemble. Peut-être était-ce à une soirée commune sur l’Algérie avec l’association Coup de Soleil ? Ou encore en déambulant à travers les stands d’une Comédie du livre ou d’un Maghreb des livres ? Peu importe !

Ce que je sais par contre, c’est que j’ai commencé à faire partie de leurs fortunées auteures en 2013, après une Comédie du livre de Montpellier consacrée au Maghreb. Behja m’avait demandé si j’accepterais de présenter l’une de leurs fidèles auteures et illustratrices, Catherine Rossi, prévue dans un débat face à l’auteur-peintre-sculpteur, Mahi Binebine. La gageure m’avait plue. Me retrouver entre ces deux artistes, si opposés. Catherine née dans l’Aube, femme discrète et fine, qui peint du bout du pinceau et écrit du bout de la plume et Mahi, venu de Marrakech, homme tout en rondeur et éclats de rires, qui se sert de sa plume, de ses pinceaux et de son burin pour décrire un monde injuste et violent avec générosité et “flamboyance’’. Ce fut un beau moment où les deux protagonistes se sont mutuellement appréciés, sous les yeux des lauréats du prix Coup de Cœur de Coup de Soleil, Jamil Rahmani et Michel Canési.

Cette Comédie du livre a été l’une des plus belles malgré la colère du ciel qui nous gratifia de deux jours de tempête. Le vent soulevait les bâches qui protégeaient les livres et la pluie menaçait de tout détruire mais, organisateurs, auteurs et visiteurs restaient là, pour le plaisir du partage et de la découverte.

Cela m’avait inspiré un texte sur la colère de Zeus qui, par jalousie face à un parterre de talents, avait cherché à tout détruire. Je l’avais envoyé à tous ceux qui avaient partagé avec moi ces trois jours autour des livres. Et c’est avec ce texte que je suis entrée pour la première fois dans la revue Étoiles d’encre.

Depuis, j’y fais de régulières incursions.

Mais, fin 2017, le symbole de cette plante a pris pour moi un sens nouveau. Celui d’une amitié éternelle à quatre branches. Pardon, 5 puisque je m’y inclus !

Comme le chèvrefeuille est lié au mur sur lequel il s’enchevêtre et s’épanouit. À cette différence près que la littérature est l’ennemie des murs comme des frontières.

Après une soirée sur SOS Méditerranée et son bateau l’Aquarius le 26 novembre 2016, je m’étais demandé comment aider l’association à récolter des fonds. C’est alors que j’ai pensé que, grâce à Coup de Soleil, je connaissais un certain nombre d’auteurs et que je pourrais leur demander s’ils accepteraient de participer bénévolement à un recueil de textes sur les réfugiés. À de très rares exceptions près, ceux que j’ai contactés ont accepté et m’ont « offert » un texte original, un poème, une chanson, un chapitre de roman, un article etc. Cette cueillette littéraire m’a demandé un an, entre angoisse et joies, et fin novembre 2017, j’avais glané une cinquantaine de textes, quelques illustrations mais toujours pas trouvé d’éditeur. Ceux que j’avais contactés n’avaient pas le temps, voulaient choisir les textes ou m’offraient des conditions financières insuffisantes.

Au bord du désespoir j’ai alors contacté l’une des quatre « chèvres ». On était le 30 Novembre et je voulais que le livre paraisse pour le Maghreb des livres, début février ! J’avais conscience que ce que je demandais ressemblait à un travail de titan (titane?) mais le miracle a eu lieu. Après une discussion entre elles, les membres du bureau ont accepté le défi, et ma contribution a été agrémentée de quelques textes et illustrations supplémentaires. Grâce aux efforts et à quelques nuits blanches de Marie-Noël, le livre est sorti à temps pour le Maghreb des livres. Et depuis, il continue à avoir du succès et à rapporter régulièrement des dons à SOS Méditerranée.

Le tout dernier texte reçu a été celui de Maïssa Bey.

Vous ne l’avez pas encore acheté ? Il serait temps !

Oser - Aldona Januszewski

J’ai connu Étoile d’encre grâce à une amie, quand, après nous être perdues de vue, nos chemins se sont à nouveau croisés. Les séjours parisiens de cette amie, étaient pour moi une parenthèse enchantée. À chacun de ses passages elle m’offrait un exemplaire de cette revue dans laquelle elle publiait régulièrement. Une revue qu’on ne trouvait alors ni dans les librairies, ni dans les bibliothèques de mon quartier.

À ce moment-là de ma vie j’avais la tête dans le guidon. Comme tant de femmes, il me fallait vaille que vaille tout mener de front, survie, boulot, famille…

Alors au milieu d’un présent où la créativité et les rêves avaient peu à peu disparu, j’attrapais avec joie tous les petits bonheurs de passage. L’amie qui me rendait visite avec la revue, en faisait partie. C’était pour moi une halte au milieu des tempêtes, le souvenir heureux d’un passé révolu, une bouffée d’oxygène bienfaisante. Je feuilletais la revue au hasard de nos retrouvailles. J’en aimais la mise en page, l’alliance réussie des textes et des illustrations, la diversité des formes d’écritures, la liberté de ton, les éditoriaux incisifs et stimulants, qui à chaque fois donnaient envie d’en savoir plus.

Je voyais Étoile d’encre comme une revue de femmes centrée sur des textes et des problématiques liées principalement aux deux rives de la Méditerranée. Je n’avais pas remarqué que dans chaque numéro il y avait un appel à textes pour le numéro suivant.

Un jour, au détour d’une lecture, je découvre un appel à textes dont le thème proposé, « L’étranger », m’interpelle. Il fait écho au travail dans lequel je suis plongée à ce moment-là, un cycle d’expositions sur un artiste exilé, mon père. Le hic c’est que cet artiste étranger, ne vient pas d’une des deux rives de la Méditerranée, mais de l’est de l’Europe.

Je me dis alors que la revue accepterait peut-être un texte au sujet d’un artiste polonais que les aléas de l’Histoire et la deuxième guerre mondiale, ont conduit d’abord en France, puis en Espagne, au bord de la Méditerranée. C’est en effet à Barcelone que le mènent les chemins de l’exil. Il y reste quelques années, et à la fin de la guerre c’est là qu’il fait ses débuts artistiques avec deux grandes expositions, avant de décider de venir s’installer à Paris.

Or, si comme l’ont proclamé, pour des raisons différentes, plusieurs écrivains célèbres, l’Afrique commence de l’autre côté des Pyrénées, l’Espagne est un pont entre les deux rives de la Méditerranée. J’annonce donc à mon amie que j’aimerais proposer un texte sur mon père dans le prochain numéro de la revue. Mon amie ne l’a pas connu, mais apprécie son travail. Elle me soutient fidèlement dans mes projets d’expositions, et me répond : « Tu n’as qu’à envoyer ton texte au comité de lecture et tu verras bien ».

J’envoie mon texte, avec appréhension. J’ai peur qu’il soit refusé. Quand j’apprends qu’il est accepté, et qu’elle aussi va publier un texte sur mon père dans ce numéro, l’émotion me submerge.

Cette revue qui m’accueille, c’est tout à coup pour moi comme une renaissance, un retour vers la lumière, une lueur d’espoir au bout d’un long tunnel de combats quotidiens. Un rempart contre la solitude. Un peu plus tard je découvre comment, suite aux dix années noires traversées par l’Algérie, des femmes des deux rives de la Méditerranée, ont mis leur énergie et leur engagement dans un projet éditorial ambitieux, et porté à bout de bras une revue et une maison d’édition. Aujourd’hui encore, deux décennies plus tard, elles continuent, contre vents et marées, à offrir à des auteures, d’ici et de là-bas, un espace de liberté où les écritures dans leurs diversités, célèbrent la vie, et questionnent l’opacité du monde.

Depuis je rends grâce à cette amie rencontrée dans un pays, l’Algérie, où, sept ans après son indépendance, m’avait conduit l’enthousiasme de mes 20 ans. Je rends grâce à l’accueil chaleureux et attentif des éditrices d’Étoiles d’encre et de Chèvre-feuille étoilée, nouvelles amies chères, devenues ma famille de plume. Je continue régulièrement à proposer des textes, avec toujours le même plaisir teinté d’inquiétude. Arriverais-je dans les temps à produire quelque chose sur le thème proposé ? Est-ce que ça sera accepté ? Puis viennent les mots qui apaisent et réconfortent, dans les moments de questionnement et de doute, le bonheur des retrouvailles, seule, mais avec d’autres, sur le chemin de la vie.

L’obligation de finaliser un texte court sur une thématique précise dans un délai limité, est une contrainte difficile, pour moi en tout cas. Mais cette contrainte est aussi un moteur. J’attends avec gourmandise ces rencontres d’écritures, ces havres de petits bonheurs partagés, à l’occasion des salons et des lectures, que j’ai réussi peu à peu à apprivoiser. Le partage avec un public et la douce et joyeuse chaleur des échanges, sont des moments précieux, des bornes vivifiantes qui aident à sortir de la solitude nécessaire à l’écriture, et insufflent l’énergie de continuer.

« Sans cesse sur le métier remettez votre ouvrage… »

Alors à l’approche des 20 ans de la revue, un grand merci à vous chères éditrices. Merci pour toutes ces contraintes stimulantes qui se métamorphosent en une multitude de petits bonheurs, qui nous protègent des affres des tergiversations solitaires. Merci à vous mes amies de plume, des deux rives et des quatre points cardinaux. Sans nous connaître toutes, nous nous découvrons à chaque fois un peu plus, dans nos têtes à têtes de papier. Nos combats se glissent dans les interstices du langage.

Nous avançons avec des mots jaillis parfois sans crier gare. Au milieu des ténèbres du monde, chacune à sa façon, tente d’apporter un peu de lumière.

Juillet – août 2019

Avoir vingt ans - Marie Malaspina

« Le bonheur est fait de tant de pièces qu’il en manque toujours une » dit Bossuet ce grand connaisseur de l’âme humaine.

Et quand le bonheur est là dans l’instant, il va, il vient, il s’envole et puis revient. L’amitié et l’écriture demeurent.

Dans la revue « étoiles d’encre », les textes écrits à partir des thèmes comme autant de bouteilles jetées à la mer pour imaginer des voyages immobiles en Érythrée ou en Scandinavie, avec un centre en Méditerranée. Cette béance nouvelle où se noient nos contemporains.

Plus de colombes sur le toit du ciel.

Alors les mots enfilés sur le fil du temps deviennent des filets pour retenir l’espoir.

De la grande agitation, retenir la transparence de l’écume en mouvement, l’ardent souci de devenir un peu plus de soie.

Le monde ne répond plus que dans le bruit et la fureur, seule la plume peut organiser les regards et nous retenir d’attenter à nos jours dans la nuit de l’oubli.

Produire la transformation esthétique qui ouvre des voies nouvelles.

Entendre les doux moments partagés, la clarté des visages, les rires au fond des bois avec marmottes, écureuils et renards, les pieds nus sur la mousse.

Sentir le paysage odorant où se mêlent lilas, giroflées et iris. Retrouver l’odeur du cédrat, du myrte, de la branche du dattier, de celle du saule pour réconcilier la variété des humains qui enchantèrent les dieux. Sentir l’ile respirée avant même que de la voir.

Goûter la peau et les lèvres de l’amant, souvenir resurgi d’un vieux tiroir fermé à clef.

Vingt ans ont passé dans un souffle.

Occupée des instants, des moments à écouter écrire d’autres que nous, dans les replis secrets des cavernes fugaces.

Vingt ans ont passé sans écueils grâce à la solide texture des éditions du Chèvrefeuille amarré aux énergies de Behja et de Marie-Noël.

Vingt ans ont passé où quand apparaissaient l’urgence d’agir et le sentiment d’impuissance, le pouvoir de l’écriture transformait le présent en alliance.

Entre maitrise de soi et création de soi, la médiation du récit nous construisait en sujet, affermissait notre identité, nous aidait à renoncer au drame comme évasion du réel. La plage des mots nous était acquise par la générosité de toutes celles qui faisaient exister les éditions. Loin des effets de manches et des plateaux, une maison d’édition donnait la parole aux femmes bien avant mee too et la révolution des réseaux sociaux.

Patient travail et entêtement fécond, l’espace intérieur et celui de l’échange grandissaient au-delà des frontières. Vingt ans s’écoulaient que nous n’avons pas entendu passer.

Dans le temps désormais compté, vivre la durée éternelle.

Mais vingt ans ?

C’est le large, la pleine jeunesse, l’espérance décidée.

C’est les mains ouvertes pour accueillir

La tendresse pour donner

L’élan de poursuivre,

Le meilleur âge de la vie quand peu à peu nous savons l’étendue de ce que nous ignorons.

Des galets organisés en sculpture au nord de l’Écosse par des mains anonymes, tout comme… ces femmes qui demain continueront à poser leurs mots pour rejoindre leur existence.

Une aventure collective dans ces temps de solitude raisonnée et résonnante où l’éthique devient indispensable à la respiration des êtres.

Une aventure collective qui nous a donné de la lumière.

Grenoble 17 mai 2019

Lettre d’Albert Camus à René Char

Isle-sur-la-Sorgue, 21 juillet 1956

… Plus je produis et moins je suis sûr. Sur le chemin où marche un artiste, la nuit tombe de plus en plus épaisse, finalement, il meurt aveugle. Ma seule foi est que la lumière est. Que la lumière l’habite, au-dedans, et qu’il ne peut la voir, et qu’elle rayonne quand même.

p 148 in correspondances 1946/1959 Albert Camus – René Char Gallimard.

Une date à célébrer ! - Sabine Péglion

20 ans d’engagement pour rapprocher les rives de la Méditerranée, donner la parole aux femmes, créer « un espace du dire et de l’écrire ».

Moi qui suis née sur l’autre rive j’ai découvert à travers vous, avec bonheur des paysages, des êtres, des coutumes, un autre regard, ce qui multiplie notre approche du monde.

Vous m’avez accueillie, soutenue avec rigueur, enthousiasme et amitié.

Merci à vous Behja Traversac, Maïssa Bey et Marie Noëlle Arras

Longue vie aux Éditions Chèvre-feuille étoilée et à sa revue Étoiles d’encre.

10 + 10 = 20 ! (+ 10 = 30 ?) - Nic Sirkis

2000, naissance des éditions Chèvre-feuille étoilée.

2010, mars : rencontre de Marie-Noël Arras (au salon du livre où je vais pour la 1er fois, « L’Odyssée du grand Moka » sous le bras). Je repars de son stand avec « Célébration » sous l’autre bras (n° 41/42 d’Étoiles d’Encre honorant les 10 ans de sa maison d’édition) et réponds quelques jours plus tard à « l’appel à textes » de la revue, en envoyant à tout hasard quelques textes pour le numéro suivant au thème flou : « Ce jour-là »…

septembre : mail des éditrices m’invitant à venir signer au salon « L’Autre Livre » ma nouvelle « Clo » parue dans le n° 43/44.

2020, une décennie après la « bataille navale » porte de Versailles où, dans le quadrillage en abscisses et ordonnées des allées, j’avais abordé cet îlot de  en D3-détroit CFE, me voilà intégrée dans l’S1-essaim solidaire. Autour de Behja & Marie-Noël, au sein de cette ruche, j’ai croisé une kyrielle de collègues de France, d’Algérie, d’Haïti qui sont devenues des amies, participé à la correction de leurs œuvres et publié 4 livres CFE et une cinquantaine d’articles dans les revues 43 à 80…

2030, en présentant « Patatras ! » mon texte-contribution au prochain numéro qui célèbrera le 20e anniversaire d’Étoiles d’Encre, je souhaite aux éd. CFE bon vent pour braver les tempêtes qui labourent les hautes mers en résistant aux requins qui les habitent, sans s’écrouler comme ma bibliothèque l’a fait, cet automne, dans un magistral Patatras !

Le 15 janvier 2020, Chèvre-feuillement vôtre, Nic Sirkis

Entre mille rives : bon anniversaire ! - Anne Poiré

Chèvre-feuille étoilée n’est entrée dans ma vie qu’en 2006, par le biais de Chantal Roux. Elle m’a demandé si j’acceptais qu’elle propose l’un de mes textes, pour accompagner son travail dans la revue Étoiles d’encre. Les pages 53 à 55 en gardent trace, et c’est important : depuis, notre amie s’est envolée, définitivement. Ne reste que son œuvre, et ce que l’on en a écrit, ce que l’on en dit encore. Au moment de la parution, elle m’en a envoyé un exemplaire, et j’ai été vraiment très favorablement impressionnée par la qualité de la revue, dans son contenu comme dans son bel habit, brillant, coloré, le rouge et le vert de la couverture me rappelant peut-être les moments où mon papa, mort alors que je n’avais que neuf ans, a pu me prendre sur ses épaules. J’avais peur, il était si grand. Le monde semblait instable, différent, du haut de son mètre quatre-vingt. En même temps, il me tenait : adulte fiable, solide. Je pouvais comme sur la toile de Chantal m’agripper à son front, à sa main, en savourer toutes les saveurs, les odeurs si typiques d’un papa. Le cancer des poumons, féroce, impitoyable, a emporté ce fumeur de 46 ans, père de sept enfants, dont mes petits frères à peine âgés de deux et quatre printemps. Arrive donc par la poste cette surprise de Chantal, ce numéro 27-28, et la chemise froissée, sur la couverture, entourée de ce vert qui me rappelle les sapins, autour de « mon » papa, m’offre une émotion sans pareille. J’ai écrit que devant l’œuvre de Chantal il convient de se laisser emporter par l’intensité, la couleur. À vif, dans la chair du tableau. Retrouver ce numéro au thème essentiel, « Des filles et des pères », me confronte à nouveau à « toute l’humaine / opaque condition d’épaisse transparence ».

« L’être à deux », en octobre 2007, carte blanche à Leila Sebbar, signe une nouvelle collaboration entre ces éditions de femmes en Méditerranée et mon univers, sensible. Dans le numéro 31/32, la nouvelle « Enfant(s)illage » se déploie, mots intimes, comète d’émotions, entourée d’une vingtaine d’illustrations Poiré Guallino joliment déclinées.

Cette belle revue est enfin revenue dans notre vie, tout sourire, en lien direct avec la thématique de départ : « Du côté de l’enfance ». Le numéro 75/76, paru en 2018, nous offre une autre complicité, quelques illustrations, bien mises en valeur, et le texte, « Conjuguer les rêves », dédié à mes amis migrants, si courageux, héroïques – étoiles filantes -, ainsi qu’une chronique de Rose-Marie Naime à propos de mon roman, engagé, sur le même thème, Le jeu de dominos…

Cette revue si bien-nommée s’appelle Étoiles d’encre. Heureuse, lumineuse trouvaille ! Dans le ciel du quotidien, brillent des mots, des thèmes, des images : astres, planètes, constellations alphabétiques, de sons et d’idées associés. J’aime à m’y promener, j’aime à en rêver encore et encore, entre mille rives, entre ombre et soleil, d’un univers à l’autre… Tout un programme, en expansion. Se croisent des rires, des larmes, des rencontres : bon anniversaire, maison d’édition, encore toute jeunette. Ce n’est qu’un début. J’ai hâte de découvrir la suite de cette aventure humaine et nécessaire. Arrive l’âge de la maturité, après les charmes de l’enfance, de l’adolescence. Désormais 20 ans ! Et plus… à continuer à construire.

Janvier 2020

Comment j’ai connu Chèvre-feuille étoilée et vice versa - Annick Demouzon

Je cherchais à faire éditer un recueil de nouvelles, ce qui est toujours difficile, et je m’étais procuré le gros Annuaire Des Auteurs Cherchant un Éditeur — Audace donc — publié par l’Oie Plate. J’y ai trouvé la fiche de Chèvre-feuille étoilée, qui m’a semblé intéressante d’emblée. J’en aimais bien la ligne éditoriale et le fait qu’il s’agisse d’éditions de femmes (issues, pour nombre d’entre elles, du pourtour de la Méditerranée). Or, je suis femme, consciente de la difficulté qu’il y a à être femme — en tout domaine —, et cultive des liens affectifs certains avec la Méditerranée. Par ailleurs, Chèvre-feuille étoilée avait bonne réputation et publiait de la nouvelle. Ça tombait bien.

Par prudence, néanmoins, j’ai téléphoné, avant d’envoyer quoi que ce soit. On m’a répondu fort gentiment — Marie-Noël Arras, je pense — qu’en effet on avait publié de la nouvelle, mais qu’on n’en publiait plus (il fallait s’y attendre et cela ne m’a pas étonnée). Mais on m’a proposé, si je le voulais et à défaut, de soumettre un de mes textes pour le prochain numéro de la revue Étoiles d’encre, dont le thème était « Ce jour-là ». J’ai donc envoyé la nouvelle Les pantoufles, qui était dans le thème et se passait en Méditerranée. Elle a été publiée en octobre 2010, dans la revue n°43-44, à ma grande joie.

Et ç’a été le début de notre histoire.

Par la suite, j’ai répondu à bon nombre d’appels à texte, lorsque je les ai reçus ou ai pu les trouver sur le site et quand mon envoi, par ailleurs, ne se perdait pas ou que je n’oubliais pas de l’envoyer avant la date (car ce sont des choses qui arrivent, hélas). Ce qui fait, sauf erreur de ma part, 6 de mes nouvelles publiées dans la revue jusqu’à ce jour, et bientôt plus, je l’espère, tous les textes que j’ai proposés ayant été retenus jusqu’à présent. Ce qui, je dois dire, a été très rassurant et, même, thérapeutique pour quelqu’un dont le doute est la composante essentielle et m’a confirmée dans le fait qu’il y avait une place pour moi dans cette revue de qualité. D’autant plus que, par chance, certaines de ces publications ont été l’occasion de retours critiques plutôt agréables à découvrir… J’en remercie donc Chèvre-feuille.

Ainsi que de m’avoir sollicitée à l’occasion de ses 20 ans.

Je dois ajouter que je suis d’autant plus heureuse d’être associée à cette fiesta littéraire, que, même si mes publications dans la revue ne font de moi qu’une marginale par rapport à l’équipe des piliers de la maison, je me sens tout de même appartenir très fort à ce groupe de femmes à qui Chèvre-feuille étoilée a su donner une chance dans le monde de l’écrit qui, par ailleurs, ne leur est guère favorable. Et j’espère que ça durera.

Aussi, comme celles qui se sont réjouies de fêter les 10 ans de Chèvre-feuille étoilée, peu de temps avant mon arrivée dans la revue, j’espère, dans 10 ans de là, être à même, à nouveau, de participer à la célébration de ses 30 ans et pourquoi pas, plus tard, de ses 40 ans. Et je lui souhaite — surtout et plus que tout — de poursuivre sa vie bien au-delà des nôtres.

Longue vie à Chèvre-feuille !

Une Femme à des Femmes - Chants de Méditerranée - La Fictionne Rita Caïro

Ça parle ça parle pour moi. À côté. Je suis Femme d’A côté

Femme de Méditerranée à côté

de Vous

de Chez Vous

Femmes de Méditerranée

Vous êtes 4 Algérie vous réunit

Une Femme

Une Femme de Méditerranée de Mes Algéries en France m’a présentée

À vous

Histoire

Au commencement

Salon du Livre 2012 Leïla Sebbar

Une enfance juive en Méditerranée musulmane

Tu m’as demandé d’écrire pour/dans

Une enfance juive en Méditerranée musulmane

Et j’ai écrit j’ai entendu ta voix Leïla et je t’ai rencontrée

et j’ai rencontré Patrice Rötig Éditions Bleu autour

Je suis tombée. Tombée en amour comme on dit au Québec

Le Livre, nous étions 32, d’Algérie, de Tunisie, du Maroc, du Liban, de Turquie, d’Égypte, à avoir dit oui et nous avons écrit ce / dans / ce Livre

C’est ça la rencontre

Ma rencontre avec Vous

Chèvre-feuille étoilée

Lieu du Lieu d’Or

Qui crée le lien qui le fabrique qui tisse la toile la tapisserie en fils perlés toutcouleur

C’est ça qui fait lien qui nous assemble qui nous réunit

Le lieu à côté

C’est ça

La Terre

Le Chant

Psycorps

Le champcor nouvel instrument de démesure qui prend la mesure d’un temps autre d’un lieu autre d’une mer terre des Temps anciens à maintenant

Je ne te connaissais pas Leïla je ne te connaissais pas Patrice tu as offert aux auteurs deux exemplaires du livre j’ai lu dans la nuit pratiquement tout le livre et j’ai pleuré – je n’étais pas seule – nous étions nombreux – nous ne savions pas qui avait écrit dans le livre j’allais fermer le livre alors la page s’est arrêtée à

Jacques Hassoun

pour sa mémoire nilotique

Je ne savais pas Leïla que tu avais dédicacé ce livre à cet homme qui m’a ramenée en Égypte pour la première fois après le départ. Décembre 1956 départ mars 1993 retour premier j’avais 41 ans. Et là l’histoire a commencé Leïla. Dorénavant tout ne sera pas comme d’habitude. Y’avait là-bas y’avait ici au retour. Il a fallu tisser fil à fil tous les fils. Cris. Écrits. p’tite promenade d’exils s’est écrit. Jo cher frère – l’histoire écrite dans le livre s’appelle Jo et Rita. Tu étais là lorsque j’ai fait lecture première. Tu étais grave. Tu étais gravement vivant. Alors Leïla me demander d’écrire dans Une enfance juive en Méditerranée musulmane, répondre à tous les mots, écrire pour/sur chaque mot – le titre s’est écrit Jo et RitaAffinités électives chère Leïla. Je suis venue le samedi à ce Salon du Livre 2012 – je me suis dit demain dimanche nous allons dédicacer je n’aurais pas le temps de te voir de te parler – alors ce samedi j’arrive sur le stand Bleu autour tu es là Leïla. À côté il y a une dame. Tu dis Leïla : « Vous vous connaissez ? Behja Traversac Les éditions Chèvre-feuille étoilée – Rachel Cohen et là Behja tu me dis : « Ah ! C’est vous qui avez écrit ce texte si beau Jo et Rita »…

Je te regarde Behja je suis heureuse tout simplement. Quel accueil ! L’hospitalité. Arrivée sur un stand, on vous a demandé d’écrire avec des consignes de jeu enfance/ juive/ Méditerranée/ musulmane avec photographie dans le pays 10 000 signes langue(s) parlée(s) à la maison et là paf, une femme de Méditerranée qui me présente moi femme de Méditerranée à une femme de Méditerranée laquelle femme que vous ne connaissez ni d’Adam ni d’Ève vous dit : « Ah ! C’est vous qui avez écrit ce texte si beau Jo et Rita »… alors là j’étais – comment dire – de suite – oui c’est ça que j’ai senti : une évidence. Nous Femmes de Méditerranée. Décidément je n’étais pas seule je ne me sentais plus seule comme un coup de baguette magique comme souvent dans ma vie lorsque j’ai rendez-vous avec Kaïros le jeune homme à la mèche de cheveux couleur du temps opportun ici maintenant la toile se tissait les fils ressortaient de l’ombre et de l’ombre la lumière a fait son entrée.

Alors immédiatement Leïla – c’est comme ça que tu fais Leïla – tu dis à Behja : « Emmène-là sur le stand Chèvre-feuille étoilée comme ça, elle verra. Ah tu parles pour voir j’ai vu ! Marie-Noël tu me présentes Behja. Je vous connais déjà je vous reconnais on dirait qu’on attendait de se retrouver. Je regarde. Tous les livres. Tous vos livres Chèvre-feuille étoilée. Les livres à plusieurs mains initiés dirigés par Leïla Mon père Ma mère … Je suis bouche bée. Dans ma tête s’écrit Le Livre

J’achète tous les livres. Que j’ai du mal à porter. La valise. Oui. Comme la valise d’Égypte que tu ne pouvais pas porter mon père quand nous sommes parties.

Là je portais tous les livres le sac sur mon dos le sac à matière le sac à histoires

L’histoire a commencé.

Femmes. Méditerranée. Écrire. Je n’étais plus seule. Il y avait Une enfance juive en Méditerranée musulmane avec Algérie Tunisie Maroc Turquie Liban Égypte. Et maintenant il y avait autour de l’Algérie la France Vous Leïla Sebbar. Et Bleu autour Patrice RôtigBehja Traversac. Marie-Noël Arras, 2 des Chèvre-feuille étoilée.

Et l’Algérie. Mon père je pense à toi. Sur tes papiers militaires il y a écrit : Algérie. Pourquoi ? Je ne sais pas. Alors soudain s’écrit une histoire. L’histoire que je vous écris. J’ai dit un jour à Leïla, il n’y a pas si longtemps : « J’en ai marre. C’est toujours l’Algérie. Vous écrivez vous publiez toujours Algérie – avec Méditerranée certes – mais c’est toujours avec Voyage autour, autour de l’Algérie. Alors c’est bon. Je m’invente. Mon Algérie

Je vais me fabriquer une histoire Histoire J’ai deux amours Le Caire en Algérie La Fictionne Rita Caïro

C’est dit c’est écrit dans la lettre aujourd’hui. Ce sera

Mes 20 ans dans Le Caire en Algérie signée La Fictionne Rita Caïro

Décidément les affinités électives chère Leïla ça prend corps encore

Avec Chèvre-feuille étoilée 20 ans

Behja te souviens-tu au Salon du Livre du Maghreb 2013 ? 2014 ? Je ne sais plus. J’étais assise à côté de toi, côte côte. Tu me regardes. Je te regarde. Tu me dis : « Ça te plairait d’écrire pour la prochaine revue sur le thème La légèreté ?

Je te laisse. Du regard. Je tourne ma tête et droit devant moi le sourire se dessine sur mes lèvres sur mes yeux. Je vois défiler le titre : Les valises. Surtout ne rien dire. Je vois ma main écrire les mots et je souris. L’histoire a commencé

J’étais à ce moment-là de l’histoire – au commencement – en train d’écrire le texte Les valises

Et je souriais. En silence.

Femmes. Elles sont 4 – Femmes. Et la mer. Elles œuvrent Les Femmes – 4 – Elles sont 4

Et la mer. Méditerranée. De l’autre côté. Les unit. Algérie.

Et la mer. De l’autre côté. M’Étoile. M’Éclaire. Méditerranée. La Mer. Égypte. Dunia Le Monde La Terre Mère Égypte je ne suis pas d’Algérie je suis à côté.

Dunia. Le Monde. En égyptien.

À Terre, la chèvre monte. Aux arbres. Mange. Les feuilles. Se nourrit.

Chèvre-ffuille étoilée

Fête. Fête des Lumières

Avec Vous. Je m’invente

Égypte d’Algérie du Caire à Paris Annemasse à Genève à Paris à Ivry-les-Bains-sur-Seine aujourd’hui à PlouézecBihl demeure inspirée d’Agnès après l’Ivry

Je vous écris et bois et fête

20 ans dans Chèvre-feuille étoilée

Moi ça fait 8. 8 de 68.

 La Fictionne Rita Caïro

COMME UN MONDRIAN… - Danièle Maffray

C’est une habitude.

Pour me souvenir, je ferme les yeux. Des peintures se pressent pour réussir un étrange puzzle, l’exacte photo d’un instant de vie.

Quelle année ? Je ne veux trouver.

Un tableau de Mondrian. Un immense rectangle gris sombre, parsemé de rectangles plutôt petits et de quelques carrés bleus, jaunes, rouges… certainement choisis pour une imperceptible harmonie.

La passante erre, cherche un sens à cette danse abstraite. Une lumière matinale blanche frappe la multitude géométrique.

Personne encore dans ce décor feutré. Une exposition sans doute, un Salon parisien ?

Je ne veux savoir.

Les yeux refermés, les formes persistent, encadrées de claquantes bandes blanches et de traits verts, jaunes…

Mondrian la laisse décidément sans émotion.

Un rai de soleil violent perce alors ses paupières closes, il déchire l’atmosphère pesante, oppressante, inconfortable. Au plafond de la salle de grands voiles grisâtres flottent légèrement sans raisons apparentes.

La passante va partir, lassée, fatiguée par ce voyage encore une fois inutile.

Un dernier regard pour se souvenir et… photo.

Dans le viseur, une apparition : au milieu du Mondrian, une dame assise, seule. Une dame en bleu.

De ce bleu oranais chaud et enveloppant comme un parfum. Blonde, un visage très pâle… Poudré peut-être ? Son collier vient d’Afrique. Sur son écharpe bleue des paillettes ?

Elle s’ennuie. Ailleurs ?

Un sourire.

Elle sourit à la visiteuse. La visiteuse c’est moi.

Dans un rêve, j’entends alors ma voix surgir un brusque :

– Je n’écris pas. Je dessine en couleurs. J’illustre les textes de mon amie poète, nous cherchons une éditrice. On repart aujourd’hui découragées par l’indifférence et les refus des éditeurs glacials.

La voix bleue sort du tableau :

– Mais si ! Allez-y !

Cette phrase si courte de Marie-Noël Arras traça une sente de lumière pour un retour étoilé.

Je referme les yeux.

Merci.

On n’a pas tous les jours vingt ans… - Rose Marie Naime

On n’a pas tous les jours vingt ans… Tu connais cette chanson un peu ringarde, elle m’avait hérissée quand, au jour J de jeunesse, on me l’avait chantée.

Aujourd’hui, eh bien je dis si si ! À Chèvrefeuille, “qu’on ait vingt ans qu’on soit grand’mère" chacune, à sa manière, les garde ses 20 ans, du moins le tente jour après jour. Pour preuve, bien vivants, ils vibrent fort dans ces centaines de textes que des dizaines de femmes ont écrits, polis, chantés, criés ; je les imagine, bouquets hauts en couleurs sur la carte de France posés, Montpellier, Lodève, Oléron, Paris, Pioggiola, Bordeaux, bouquets de textes, d’images colorées, bouquets de femmes et de parfums si divers.

Cette maison d’édition de femmes, a su durer jeune, savez-vous pourquoi ? Parce qu’elle a la vie dure, ici pas d’empâtement, d’embourgeoisement, tu frappes à la porte, on vient t’ouvrir sans te demander qui t’envoie, on t’offre le sourire et même un café, un chocolat parfois ; ensuite, la feuille est dans ton camp, à toi de t’ouvrir… Ton cœur, ta sensibilité, ton intelligence se poseront alors noir sur blanc en étoiles d’encre ; pas de pourquoi ceci pourquoi cela, ici, tu écris libre.

La chanson, j’y reviens, dit encore : “ce jour-là on fait des folies…" Mais ne sommes-nous pas folles, nous les femmes ? D’ailleurs on te l’a forcément dit un jour dans ta vie : “T’es complètement folle ma pauv’ fille ! " variante “T’es folle ma pauv’ femme ! “. On a dû le leur dire à ces femmes d’aventure lorsque, inconnues, elles se sont lancées à éditer livres et revue. D’ailleurs on le dit à toutes les femmes et papa Freud n’y est pas pour rien.

Dis-moi, quand te l’a-t-on dit à toi ? Qu’avais-tu énoncé de si étrange ? Tu avais juste vu de l’autre côté du mur, et c’était un champ de coquelicots, ou de marguerites ou même c’était pas un mur mais juste de l’autre côté des nuages ou même de l’autre côté de demain… Des tapis de fleurs… T’avais juste dans la tête l’Avenir car tu es l’Avenir.

C’est un poète qui l’a dit, je l’aime celui-là, “La femme est l’avenir de l’homme “. Avait-il mis une majuscule : l’avenir de l’Homme ? Cette majuscule dans laquelle, depuis des siècles, on nous noie. Inutile cette majuscule, inutile ce complément d’attribution. Et si, au XXIe siècle on en restait à :

“Femme est l’Avenir". Point.

Tu es à venir femme et tu es l’avenir, tu ne portes point la guerre en tes entrailles, tu pleures à la misère, à l’injustice – sauf Madame Tacher et ses clones qui n’ont pas regardé entre leurs jambes – , non, non, je m’égare, ce n’est pas affaire de génitalité. Historico-sociale ? Oui sans doute, mais pas que, il en est des mille et des cents d’hommes qui n’ont pas peur de dire avec nous : la phallocratie ça ne peut plus durer, et que, papas et mamans, il est temps d’éduquer autrement les petits enfants. Il en est de plus en plus de cœurs d’hommes et si ce n’est pas vrai, du moins j’aurais espéré, participé.

Et voilà nos chevaux lâchés : espérer, participer. Un monde plus juste, une émancipation de l’être.

Alors qu’est-ce que c’est la folie de Chèvrefeuille étoilée ?

C’est ce e non-grammatical qui partout où il se pose interpelle, non pas une coquetterie, mais une insubordination résolue. C’est la ténacité, le cœur qui bat à chaque parution qui relève du tour de force, c’est aussi nos mains les unes dans les autres, les sourires de l’amitié qui nous unit.

Chèvre-feuille,

Arbres aux mille feuilles

Terre aux mille poussières

Éther aux mille étoiles

Femmes chantant

Dans le souffle des sphères

J’arrive je vous joins

Ensemble buvons la pluie

Et le soleil à la bouteille.

De Michèle Juan I Cortada

Chèvre-feuille étoilée
la Parole, le Verbe, les Mots
vous quoi !

Mon âme s’en est allée 

dans les pages d’un Livre
que vous aimiez 

Vous- un chemin

d’amour, de liberté, de femmes
un parfum de liane

Quatre femmes à aimer
Qui m’ont aimée
je leur rends grâce

De Clara Delange

C’est dimanche (je m’exclame) il fait beau le dimanche 15 juin 2014 il fait beau il fait chaud y’a du chauleil au fond d’mon cœur c’est dimanche jour de marché jour du marché d’la poésie Vous savez quoi vous ne savez pas (j’interroge) je virgule la poésie c’est toute ma vie Alors j’y vais alors j’y cours faire mon marché Place Saint-Sulpice J’y verrai p’t’être des p’tits poètes Des qui s’prennent pas trop la tête Dans mon p’tit sac j’ai même emmené des marque-pages avec des mots et des photos (suspension) Oui j’ose maintenant le dire avec Mes Mots et Mes Photos (exclamation encore encore) Et puis voilà j’ai rencontré Une Poète S À fleur d’ailes Elle a le regard et le verbe doux j’ose lui faire lire un peu de moi La bienveillance de ses mots me touche Rose-Marie me conseille de rencontrer les Femmes des éditions Chèvre-feuille A-t-elle senti mon j’oserai pas (j’interroge) Danièle Maffray me guide jusqu’au stand 302 Le rire le sourire la bonne humeur et ce quelque chose dans le regard de ces femmes (je reste aux étoiles suspendue) Pour la première fois je sais où est ma place Je pars emportant avec moi un peu de Légèreté et une touche d’Humour Appel à textes Nos Révoltes Je ne suis pas femme de Méditerranée alors oserais-je (j’interroge encore) J’envoie en silence Une Mouette en anorak rose et c’est ainsi que l’aventure commence (je me suspends à nouveau aux trois étoiles Behja Marie-Noël Maïssa) Première rencontre première lecture Premiers émois de Révoltes Sommes-nous folles de vouloir croire au-delà des Frontières de Transgresser de Penser la vie autrement de faire nos Révolutions Au cœur de l’errance d’Épier le rêve dans la Cité

Étais-je folle de penser qu’un jour La Mouette Rieuse se poserait Place Saint-Sulpice jour de marché d’la poésie Que du Bonheur (j’exclame encore et encore)

Sans détour sans chichi sans ponctuation moi je vous dis tout simplement Belles Étoiles du Chèvrefeuille

         Je Vous Aime un • c’est Tout

PS : et quand on aime on a toujours 20 ans 

De Françoise Renaud

Mon témoignage,

Au fait comment les ai-je connues, ces femmes-là, merveilleuses et tenaces ?

Je dois réfléchir quelques secondes avant de dénicher la réponse. Par un homme. Oui, par un homme qui les aimait. Un homme qui aimait leur travail, soutenait leur engagement sur les deux rives de la mer et connaissait les mêmes endroits, les mêmes villes. Un homme qui avait (et a toujours) la même passion pour la littérature. Le temps et les circonstances ont fait le reste.

Évoquer ma rencontre avec Behja, sur la Comédie du livre. C’était en 2011. Il me reste quelques photos de ces heures particulières et le souvenir d’une grande tendresse ressentie à son contact.
Des liens forts et durables avec toute l’équipe se sont forgés en 2015 avec la parution de mon texte Ce qu’elle veut dire dans la collection D’un espace, l’autre. Cette impression d’avoir été accueillie, lue et comprise. Cette certitude d’avoir été reconnue à travers une écriture, une langue — et non seulement grâce à un fil narratif séduisant.

Et puis me souvenir de ce chouette dîner chez Marie-Noël entre femmes gourmandes, de quelques douces conversations avec Édith.

Parler aussi de Marie-Lydie Joffre, artiste et collaboratrice à la revue, qui a contribué à me relier à ce riche vivier. De même quelques auteures (comme Valéry Meynadier).

L’histoire se poursuit sans se préoccuper du cours du temps. Souvent je pense à elles. Pour chaque numéro d’Étoiles d’Encre, j’essaie de leur proposer quelque chose de bon. Tant que nous sommes vivantes, nous toutes, le feu brûle et diffuse sa chaleur, stimulant nos mots qui s’inscrivent à jamais dans le sable.

 

D'Hélène Pradas-Billaud

Cher Chèvrefeuille étoilée,

Depuis le temps que je te connais, tu m’as accompagnée. De pages, d’encres. De mots, d’images. Tu as recueilli mes premières créations. Tu es un peu ma maison. Ma maison d’édition. 

Pour tes vingt ans, je t’offre la blancheur d’un livre ouvert sur un muret brûlant, la nuit des histoires à dormir debout. Je t’offre le feu incendié des poèmes, le rien qui est tout, l’introuvable inventé. Je t’offre la liberté d’écrire à mains nues, les genoux écorchés aux pierres des lettres, les doigts retraçant les histoires, venues d’où, on ne sait pas.

Pour tes vingt ans, celles qui veillent ton étoile sont là. Maïssa, Marie-Noël, Behja, Edith. Tant d’autres aussi, jardinières de ton terreau, de tes racines et branches. Chèvrefeuille étoilée, tu as bien de la chance. Prend soin d’elles, Chèvrefeuille, porte toi bien. Offre-leur tes parfums, ton éclat. Protège-les de ton ombre claire dans l’incendie du monde. Dis-leur le rêve que tu es quand se ferment leurs yeux.

Les livres que nous avons écrits ceux un peu leurs enfants. Enfants gitans que rien n’enferme, que rien ne tient. Enfants gitans qu’elles éveillent à la vie, aux roulottes cahotantes des sentiers d’écriture.

Les femmes du Chèvrefeuille cherchent, débusquent, recueillent, patientent. Les femmes du Chèvrefeuille ouvrent les portes, les fenêtres de la maison. Tes vingt ans sont aussi les leurs. La création, Chèvrefeuille, n’a pas d’âge d’ailleurs. Elle est de tout temps, du passé, du présent.

Entre tes lignes, la Méditerranée. Un ailleurs, des ancrages. Des traversées, les veillées à inventer les rives, l’espace, le vent des rencontres. Ta mer relie nos livres, son sel est celui de nos vies. Les plages qui te bordent apaisent les yeux qui lisent, les doigts tournant les pages.

Tu es de terre et d’eau, Chèvrefeuille. D’étoile de mer.

Pour tes vingt ans, je souffle sur tes feuilles les mots des continents. Mots d’or, de lumière, d’ombre éclairée invitant chacun, chacune, à te remercier. Simplement et vraiment.

Bel anniversaire Chèvrefeuille étoilée.

De Dominique Godfard

Mes souvenirs affluent

 Dominique Godfard

En l’an 2000, j’achetai à l’Institut du Monde Arabe le premier double numéro de la revue Étoiles d’Encre, intitulée L’Outre-mère, sur les conseils d’une amie. Du format d’un livre à la belle couverture d’un bleu intense, outremer à n’en pas douter, elle proposait des textes sur les relations des femmes avec leurs mères et se disait le produit d’ « Éditions de femmes en Méditerranée ».

Tiens ! tiens ! Écriture, édition, femme, mère, outre-mer puisqu’autour de la Méditerranée, tout un programme s’offrait à moi, réjouissant et prometteur. Ne faisant ni une ni deux, j’envoyai quelques nouvelles de mon cru à la revue.

Quelle ne fut ma surprise de recevoir en retour de ma proposition une lettre « manuscrite » indiquant que mes textes avaient eu l’heur de plaire et qu’ils seraient publiés dans Étoiles d’Encre ! La lettre était signée Dominique Le Boucher et, je dois l’avouer, m’en boucha un coin car, au grand jamais et en dépit de nombreuses années à quémander ne serait qu’un espace marginal où coucher mes textes, personne n’avait fourni un tel effort !

Je rencontrai ma bienfaitrice, une femme dynamique qui était habitée par une écriture poétique et originale. Nous logions toutes deux autour de Nation et ce voisinage propice à des rencontres plus nos goûts partagés pour la littérature contribuèrent à tisser des liens d’amitié entre nous. C’est avec Dominique et Marie-Noël, que je travaillai la finalisation de mon roman, Et plus, si affinités, que les éditions CFE publièrent en 2004.

Entre-temps, j’avais rencontré Behja Traversac, à un salon du livre où nous arrivâmes toutes deux fort en avance, dès l’ouverture. Nous ne nous connaissions pas mais je la « reconnus » aussitôt car cette femme au sourire et au regard si doux, ne pouvait qu’être intervenue en faveur de la publication de mon manuscrit (Et plus, si affinités). Très vite mais je n’osais le lui dire en raison de la faible différence d’âge entre nous, je pensai que j’aurais beaucoup aimé l’avoir comme… mère ! Je devais, en 2009, publier sous la houlette bienveillante de Behja une correspondance intitulée Vous vieillissez ? Nous aussi…

 

Je ne me rapprochai de Marie-Noël Arras, dont j’ai juste cité le prénom plus haut, qu’un peu plus tard, en 2013, quand nous nous penchâmes ensemble sur mon tapuscrit qui relatait un témoignage bouleversant : Le bus pour Drancy. Je pus alors apprécier la détermination et l’efficacité d’une battante doublée d’un véritable bourreau de travail !

Ces rencontres autour d’un projet éditorial ne furent pas les seules, loin s’en faut !

En effet, j’avais été adoptée par l’équipe de celles que j’appelais en catimini « Les chèvrefeuilles sisters », et, qu’il s’agisse de manifestations autour du livre ou de fêtes plus personnelles comme des anniversaires, les occasions de nous réunir ne manquaient pas d’autant que ma mère habitait la Grande-Motte, proche de Montpellier où furent fêtés les 10 ans des Éditions ! Lors de ces nombreux rendez-vous, j’eus le plaisir de faire la connaissance de la chaleureuse Édith Hadri, si prévenante auprès des auteurs de la maison, et de Maïssa Bey, l’ange tutélaire des Éditions.

Mes souvenirs affluent ; ce sont toujours de bons souvenirs, hormis celui du départ de Dominique Le Boucher qui poursuit sans doute ses travaux d’écriture sous d’autres cieux. Mais mes réminiscences, pour heureuses soient-elles, ne présentent guère d’intérêt en regard de la somme du travail abattu par mes Chèvrefeuilles sisters et de son résultat. Ce dernier, outre des livres qui marchent bien (par exemple, Le premier convoi-1848, de Michèle Perret) se mesure au nombre des écrivaines qui se virent mettre le pied à l’étrier dans la littérature par ces éditrices aussi travailleuses que résolues. Car il en faut du courage pour lire et relire les textes jusqu’à se fatiguer les yeux, solliciter ici ou là des subventions comparables à l’Arlésienne, parvenir à maintenir un équilibre des finances au prix du bénévolat, tirer derrière soi de pesantes valises à roulettes remplies de livres… Et j’en passe !

Tous ces efforts, qui suggèrent les travaux de Sisyphe à pousser son rocher, Behja, Marie Noël, Édith l’ont fait et le font, avec infiniment plus de réussite que le personnage mythologique puisque le rocher arrivé au sommet aboutit à un livre et, pour son auteur, à une consécration indispensable à la poursuite de son travail d’écriture… Grâces soient rendues à mes amies à la vie à la mort des Éditions Chèvre-feuille étoilée !

De Marie Virolle

Nos éditions ont 20 ans ! 1 Je souhaite un anniversaire inoubliable à la si belle maison d’éditions des femmes de Méditerranée, Chevre-feuille étoilée, et à la revue Etoiles d’encre. Je me joins à vous par la pensée et le cœur aux célébrations de cette date car je ne pourrai guère communier physiquement, si ce n’est au Salon de la Revue, inch Allah! Je suis d’autant plus émue que j’ai un tout petit peu contribué à vous porter sur les fonds baptismaux. Toutes ces références religieuses pour une agnostique comme moi, c’est étrange… mais on retiendra juste que religion vient de “relier". Tisser des liens entre les êtres, entre les cultures, entre les époques, telle est bien la mission que vous vous êtes impartie, et à laquelle je m’associe pleinement, en tant que femme, en tant que méditerranéenne. Bonne route, mes amies, pour les vingt ans à venir !

De Céline De-Saërs

Femmes d’ancre et d’à-gréement

 

Janvier 2018. Je suis à la lisière de mondes. Feuille de vie. Rencontre d’Aldona au Palais de la femme. Femme passeuse. Première passeuse vers. Chèvre-feuille étoilée. 

Femme liane, femme lien.

Juin 2018. Marché de la Poésie. 

La femme fait liant. Entre ma main à écrire et une maison, entre ma matière à écrire et son inédition. 

Les premières fois. 

Je ne savais pas que j’étais à deux étoiles-lumière de leurs 20 ans, d’un anniversaire où je soufflerai ma troisième bougie. 

Être auprès de femmes qui avaient fait pousser les racines bien avant moi. Je savais cela : mon émotion d’y être accueillie, ma reconnaissance d’en être. 

2019. Un pont entre l’accompagnement et le compagnonnage. Parmi elles. J’écris des perles aux paroles du temps. Particule à notre ensemble et ses ensembles, comme un bassin de Méditerranée. 

Mer dit terre années. 

2020. Une date anniversaire, c’est celle d’un début pluriel. Nous sommes au commencement d’un recommencement. Des femmes chèvre-feuille étoilée et d’engagement, de celles et ceux qui forment des haies de résistance. J’aime y grimper. J’aime y grandir. J’aime y souhaiter. 

Une passerelle de bougies. D’ici à nous et…

Un mouton – 2000

Deux moutons – 2020

Trois moutons – 2030 + 2040

Quatre moutons – toujours ici-là

Cinq moutons – il paraît que certaines étoiles ont quatre pôles à leur monde, et une sixième branche à leur filant. 

Six moutons – j’encre un vœu. 

Céline De-Saër

Post Scriptum : Merci – merciS.

De Nicole Buresi

C’était il y a vingt ans… La souffrance du deuil, le roc qui s’effrite, le sol qui se dérobe, le gouffre qui s’approche, ne pas le regarder, tenter de remonter la pente, agripper la paroi et tenir debout. Les mille trébuchements, et les glissades, mais les enfants sont là, tellement là, tendant fermement les bras, lançant une corde pour me faire avancer. Un pont jeté vers moi. Alors j’ai saisi la corde et je l’ai tordue en forme de mots et de lignes, j’ai façonné des images, et à force j’ai traversé.

Sur l’autre rive, les retrouvailles avec une vieille amie, l’amitié si précieuse, la confrontation des douleurs et des reconstructions, celles d’Anne Lantheaume étaient devenues des tableaux, des orages et des arbres, et des ciels magnifiques et des feuilles, et de jeunes pousses au bord d’une rivière…

Et puis ce Chèvre-feuille jeune encore qui nous attendait au marché de la poésie où nous avons rencontré Marie-Noël, puis Behja, Edith et les autres. Le ciel s’était dégagé, il était plein d’étoiles et il y avait un cadeau pour nous : le recueil Vivante où mes mots dialoguent avec les merveilleuses images d’Anne Lantheaume…

Et depuis, la revue Étoiles d’encre m’a offert la publication de tant de nouvelles que j’ai pu les réunir dans un recueil intitulé Esquisses de femmes. Et puis deux romans ont vu le jour : le polar La Frileuse et le roman collectif : Bassoles s’en va t’en guerre. Et du théâtre et des livres jeunesse et d’autres romans ont vu le jour, chez d’autres éditeurs…

Merci Chèvre-feuille Étoilée d’avoir tiré sur la corde avec tant de bienveillance, d’avoir accueilli mes émotions et mes balbutiements, de m’avoir confortée dans mon besoin d’écrire. BON ANNIVERSAIRE !

 28 août 2020

C’était il y a vingt ans… La souffrance du deuil, le roc qui s’effrite, le sol qui se dérobe, le gouffre qui s’approche, ne pas le regarder, tenter de remonter la pente, agripper la paroi et tenir debout. Les mille trébuchements, et les glissades, mais les enfants sont là, tellement là, tendant fermement les bras, lançant une corde pour me faire avancer. Un pont jeté vers moi. Alors j’ai saisi la corde et je l’ai tordue en forme de mots et de lignes, j’ai façonné des images, et à force j’ai traversé.

Sur l’autre rive, les retrouvailles avec une vieille amie, l’amitié si précieuse, la confrontation des douleurs et des reconstructions, celles d’Anne Lantheaume étaient devenues des tableaux, des orages et des arbres, et des ciels magnifiques et des feuilles, et de jeunes pousses au bord d’une rivière…

Et puis ce Chèvre-feuille jeune encore qui nous attendait au marché de la poésie où nous avons rencontré Marie-Noël, puis Behja, Edith et les autres. Le ciel s’était dégagé, il était plein d’étoiles et il y avait un cadeau pour nous : le recueil Vivante où mes mots dialoguent avec les merveilleuses images d’Anne Lantheaume…

Et depuis, la revue Étoiles d’encre m’a offert la publication de tant de nouvelles que j’ai pu les réunir dans un recueil intitulé Esquisses de femmes. Et puis deux romans ont vu le jour : le polar La Frileuse et le roman collectif : Bassoles s’en va t’en guerre. Et du théâtre et des livres jeunesse et d’autres romans ont vu le jour, chez d’autres éditeurs…

Merci Chèvre-feuille Étoilée d’avoir tiré sur la corde avec tant de bienveillance, d’avoir accueilli mes émotions et mes balbutiements, de m’avoir confortée dans mon besoin d’écrire. BON ANNIVERSAIRE !

 28 août 2020